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Avril Sur Le Fil

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J'en viens à te haïr,
Voire à te mépriser
Faute d'avoir jamais su te donner des raisons de m'aimer.

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Nos vies sont dégueulasses, nous n'en aurons pas d'autres,
Nos vies si amoindries par nos renoncements,
Et qui feraient honte à nos rêves s'ils y avaient survécu.

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L'enfant qui court partout, qui rigole tout le temps et qui rêve,
L'homme qui construit et qui espère,
Le vieillard qui regrette.

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Vivre libre, vivre seul, vivre vieux,
Mourir seul, mourir libre, mourir vieux
Toujours libre de danser entre les deux.

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Le poète s'ombre d'un feu noir et glacé,
Pas de poète qui n'a jamais sombré et brûlé
Jusqu'à des cendres plus bas que la pensée.

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Être assis, en silence
Et regarder, attristé,
L'envie et les gens passer.

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Si tu tombes sept fois, toujours se relever huit, dit-on
Mais si tu tombes huit fois...
Tombe donc encore six, ça fera un compte rond.

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De l'autre côté de la rue, les raisons
Les rêves et les ambitions,
De ce côté, le pardon.

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Je deviens l'homme dont j'étais à peine l'ombre auparavant
Sans avoir jamais été approchant
L'ombre de celui que j'espérais devenir à vingt ans.

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Les rêves, comme des collants
Trop grands,
Et leur surplus grotesque sur nos corps maigres et laids pendouillant.

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Rien qu'une ombre ourlée
Sur les nombres hurlés,
Sous le sombre ourlet de ce monde.

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Au risque de sculpter son opprobe,
Au danger de statuer sans la robe,
Avouer être agalmatorémaphobe.